www.senateur-ferat.org
 
 
  QUESTIONS D'ACTUALITÉ & QUESTIONS ORALES  
     

Fermeture de régiments à Châlons
18 novembre 2014

Lors de la séance des questions orales du 18 novembre dernier, j'ai interrogé le gouvernement quant à la dissolution du 1er régiment d'artillerie de marine et sur le départ de l'état-major de la 1ère brigade mécanisée de Châlons-en-Champagne et leurs conséquences économiques et sociales. Depuis de nombreuses années, notre région, et plus particulièrement la Marne, a payé un lourd tribut aux efforts de restructuration de l'armée, à l'occasion, d'une part, de sa professionnalisation et, d'autre part, de sa modernisation, avec la suppression du 13ème régiment du génie d'Épernay, du 402ème régiment d'artillerie de Châlons-en-Champagne et de la base aérienne 112 de Reims. Or, aujourd'hui, outre les deux unités militaires châlonnaises, est prévue la suppression du site de stockage de munitions de Connantray-Vaurefroy (environ 100 postes) et du centre de
ravitaillement en essence de Bouy, soit 39 postes. Je souscris à la logique de réduction de la dépense publique, et la baisse des effectifs en est l'un des moyens. Toutefois, l'objectif du Gouvernement est de supprimer 12 % des emplois militaires en France. Or, à Châlons-en-Champagne, ces emplois disparaissent dans leur intégralité ! Cette décision est un vrai choc économique et social pour une ville qui subit une telle mesure. Mais ce choc est double lorsque cette ville est située dans la seule région de France à perdre des habitants. Je ne peux pas comprendre que l'État accompagne cette déprise démographique ! Il n'est pas juste de supprimer 1 250 emplois, sans compter les 800 emplois indirects (3 000 habitants sont concernés) dans une ville de 45 000 habitants qui est en décroissance démographique. Il est des territoires ultra-urbains où l'État peut opérer des réductions d'effectifs sans compromettre la démographie et le dynamisme économique local. Cette « double peine » pourrait devenir triple si Châlons-en-Champagne perdait en plus son statut de capitale administrative régionale, avec ses 1 000 autres emplois. Aussi, je suis revenue sur les engagements du Gouvernement à propos d'un plan de compensations exemplaire commandé par le Premier ministre. Des mesures de soutien et d'investissement doivent être prises dans la Marne. En premier lieu, des dotations budgétaires fortes doivent être consenties. En second lieu, le territoire marnais attend des mesures en termes de relocalisation d'emplois. Quelles décisions l'État va-t-il prendre ou quelles orientations va-t-il donner pour ce qui concerne le transfert d'agences ou d'administrations d'État, ainsi que les investissements d'entreprises de défense dont l'État est actionnaire ou donneur d'ordre, à l'instar de ce qui s'est fait dans le département voisin de la Meuse ? Le Gouvernement pourrait également inciter à des transferts d'activité pour l'aéroport de Paris-Vatry, situé précisément dans l'agglomération de Châlons-en-Champagne. Le ministre s'est voulu rassurant et je veux croire qu'il a pris la mesure de nos difficultés. Cependant, si la compassion est importante, nous avons surtout besoin d'être aidés, car une création de richesses est indispensable pour compenser autant que possible les conséquences de cette décision. Nous avons besoin de moyens pour développer l'ensemble du secteur marnais. Je n'ai pas manqué de rappeler la détermination de tous les acteurs dans la défense de ce dossier : habitants, entreprises et forces économiques, acteurs politiques de toutes tendances, nous sommes tous solidaires et tous résolus face à ce qu'il faut bien appeler une catastrophe pour la ville, pour le département et au-delà, car elle aura des répercussions dans l'ensemble de la région. Nous ne nous résignerons pas!

 

Accéder à la question et sa réponse




 
MENU